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Protection sociale: quid de la place de la femme ?

Dans le cadre de la clôture du mois dédié aux célébrations de la Journée Internationale des droits des Femmes, le PAM (Programme Alimentaire Mondial) tenait ce vendredi 5 Avril, à l’Université du Burundi, une conférence-débat sur « la femme au centre des programmes innovants de protection sociale pour davantage d’impact au Burundi ». Devant un parterre d’étudiants et de différents intervenants dans le domaine

Levant toute équivoque, Paul Claudel Rubeya, directeur technique SEP de la CNPS (Commission Nationale de Protection Sociale) définit d’entrée de jeu la protection sociale  « un ensemble de mesures publiques et privées qui visent à réduire la pauvreté et les vulnérabilités économiques et sociales ». Le décor est planté.

En Afrique toutefois, le constat sur la condition de la femme dans la protection sociale est amer. « 74% dans le secteur informel en Afrique Sub- Saharienne ne sont pas socialement couvertes » alerte Callixte Nizigama, doctorant à l’Université du Burundi et à l’Université Catholique de Louvain.

Au Burundi, les statistiques sur la protection sociale font défaut. Le doctorant tente tout de même une piste de réponse: «En considérant que plus de 80% de la population burundaise est agricole, je peux estimer que le même effectif est non couvert ». Choc dans l’amphithéâtre.

Au 80%, M. Nizigama ajoute une liste de catégories de personnes non couvertes par la protection sociale. Le bilan peut être plus lourd. Parmi elles, les populations vulnérables et indigentes, les diplômés, les chômeurs, les non-salariés, les personnes du secteur informel. Le Burundi en compte beaucoup. Et les femmes, selon M. Nizigama y sont majoritaires.

Des défis et des pistes de solutions

Autres défis au Burundi, les institutions ayant en leur attributions la protection sociale se comptent sur les doigts de la main. En tête de liste, l’INSS (Institut National de Sécurité Sociale), l’ONPR (Office National des Pensions et Risques), la MFP (Mutuelle de la Fonction Publique), la MSP (Mutuelle de Santé des Entreprises).

Ainsi, le secteur informel étant le plus vulnérable par rapport à la couverture sociale, le PNPS (Politique Nationale de la Protection Sociale) a, en ce 3ième axe, priorisé l’extension progressive de la couverture de PS à toute la population à savoir les secteurs informels et ruraux.

Pour toujours parier la vulnérabilité de la femme, le thème prioritaire de la 63ème session de la CSW (commission de la condition de la femme, 11- 22 mars 2019), va se centrer autour de l’accès aux services publics et les infrastructures durables au service de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles. « Par services publics, comprenez bien l’accès aux structures et aux services de soins de santé, à l’eau potable, à l’éducation, à la pension en cas de vieillesse, à l’abri pour les victimes de violences, aux maisons et au service de gardiennage des enfants » précise Aline Rivuzimana, spécialiste à l’ONU Femmes de programme « Violences faites aux femmes ».

L’UB, un choix sûr

Virginia Villar Arribas, la directrice et représentante du PAM rappellera que le PAM via ses différents programmes comme la cantine scolaire et les projets de nutrition met la femme au centre  « Nous avons même commencé avec l’Université du Burundi un programme qui facilite l’accès des filles au stage et formation au PAM ». Et de la pertinence d’une telle conférence dans un milieu universitaire : « Nous cherchons à approfondir la discussion de la protection sociale avec les étudiants, futurs décideurs »

Un point de vue partagé par Garry Connille, coordonnateur résident du Système des Nations Unies. « Nous avons dans cette salle, des chercheurs, des doctorants qui réfléchissent sur les problèmes de leur pays. Nous espérons qu’ils intègrent dans leur réflexion cette composante de protection et de genre. Ces futurs décideurs du secteur privés et publics ont déjà une compréhension des grandes réflexions internationales sur la question »

« Une belle opportunité d’assister à de telles échanges », apprécie Eric Mfuranzimana, étudiant dans la faculté des sciences économiques et de gestion. Le rôle de la femme, sa place dans la protection sociale. Les catégories de personnes qui ne sont pas couvertes, notamment les chômeurs sont les points qui ont principalement retenu son attention. «La femme étant vulnérable dans certaines situations , elle a fortement besoin d’une protection et d’une couverture sociale surtout en cas de maladie »

Le bilan sur la place de la femme dans la protection sociale faite, la place sera fait aux recommandations. Paul Claudel Rubeya rappellera que le secteur de la protection sociale est encore vierge du point de vue de travaux académiques. Représentant la Croix-Rouge Burundi, Vénérand Nzigamasabo, l’assistant du SG, fera savoir que la CR priorise la promotion de ménages modèles pour améliorer la protection sociale. Le Pr François Havyarimana, recteur de l’UB annoncera le projet de mise en place d’un centre régionale en Sciences de la Nutrition pour tenter de résoudre les problèmes de nutrition.

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