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Environnement

Protéger le capital naturel de L’Afrique de l’Est: le coût de l’inaction

Une équipe d’experts des pays d’Afrique de l’Est a mené une étude de l’USAID sur la protection de l’environnement et ses implications. Leur effort conjoint fait suite à une étude sans précédent portant sur le capital naturel de quatre paysages transfrontaliers et emblématiques de la région Est-Africaine qui sont les Savanes du Nord, la Forêt du Rift de l’Albertine, les Grandes Plaines d’Afrique de l’Est et les Zones Humides de Rweru-Mugesera-Akagera… 

L’étude a révélé que le capital naturel de ces paysages fournit 11,3 milliards de dollars par année, au service non seulement des 33 millions de personnes des communautés environnantes, mais aussi de la région, voire du monde entier. De part cette étude, l’on découvre que l’EAC perd son capital naturel à un rythme alarmant en raison des changements d’utilisation des sols et de la surexploitation des ressources. Ainsi, suggère l’étude, si on ne fait pas deux choses – agir maintenant et agir ensemble à travers les nations – les effets négatifs submergeront non seulement les personnes mais aussi les communautés, les entreprises et les États dans les années à venir.

À propos du Burundi, une projection faite dans le cadre de l’étude a montré que l’augmentation des coûts  accompagnera la diminution des services basés sur la nature d’ici 2050 si on ne parvient pas à freiner la dégradation de la faune et de leur habitat. La surexploitation et la dégradation de l’habitat sont des menaces clés qui entraînent une augmentation du transport des sédiments vers le Lac Rweru, ayant à son tour une incidence sur la qualité de l’eau et qui pourrait entraîner l’assèchement du lac si aucune mesure n’est prise. Cela représente un véritable risque pour le développement socio-économique et la qualité de vie de plus de 1,15 million de Burundais qui dépendent de ces zones humides.

Dans la forêt du Rift de l’Albertine, l’augmentation du taux de déforestation (estimée à 15 % supplémentaires d’ici 2050) entraînera non seulement une perte de ressources récoltables, mais aussi un risque accru d’érosion des sols. De plus, un supplément de 6,5 millions de tonnes de sédiments qui pénètreraient dans les rivières et les masses d’eau représenteraient une augmentation de 8 millions de dollars par année des coûts de traitement pour les pays qui partagent ce paysage.

Que faut-il faire ?

Pr. Diomède Manirakiza, enseignant et chef du Département d’Economie Rurale et des Entreprises Agro-Alimentaires à l’université du Burundi, qui fait partie du groupe d’experts qui ont mené cette étude indique que la collaboration transfrontalière serait un facteur clé. Selon lui, le Burundi est une partie essentielle de tout effort transfrontalier pour travailler avec ses voisins afin de développer un programme d’utilisation durable des ressources des zones humides, couplé à des investissements du secteur privé dans l’aquaculture durable qui, à son tour, est financée en tant qu’une stratégie de développement à faible émission de carbone et résiliente au climat. Ces efforts pourraient inclure le renforcement et la mise à l’échelle des coopératives de pêche pour des initiatives de pêche durable à petite échelle, comme l’est actuellement le cas sur le Lac Gishanda au Rwanda, et les relier aux programmes de pêche au Rwanda et en Tanzanie.

En plus, par exemple l’exploitation du projet True Fishe de l’Union Européenne et de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), qui met en relation les entreprises régionales d’aquaculture avec des investisseurs et des sources de financement, permettrait de stimuler le développement du traitement du poisson respectueux de la nature et d’accroître les options d’entreprise pour la pêche durable à petite échelle.

Le Burundi pourrait également envisager de soutenir les organisations communautaires gérantes de ressources naturelles dans le tourisme écologique et culturel en développant des ateliers d’artisanat, en profitant de sa riche biodiversité et richesse culturelle à travers des activités comme l’observation des oiseaux, la pêche récréative, les promenades culturelles dans les villages, et en développant des installations de camping et d’autres infrastructures touristiques (camps et lodges), comme le modèle du Bwindi Impenetrable Forest Conservation Trust à Buhoma, en Ouganda.

Aux niveaux national et interanational, les solutions efficaces incluent l’augmentation du montant du financement dispersé par les secteurs public et privé vers les acteurs locaux, qui à leur tour, peuvent le mieux identifier, prioriser, mettre en œuvre et surveiller les activités qui profitent à la fois aux personnes et à la nature.

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