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Basketball: polémiques autour du Viva Basketball League

Le changement du calendrier en cours du tournoi de qualification à la Viva Basketball League a été contesté par les leaders des clubs de l’intérieur du pays. Pour eux, la mesure est une preuve de la volonté du président de la fédération de privilégier les clubs de la capitale. Éclairage sur l’affaire

Le scenario : Début 2022, la nouvelle équipe dirigeante de la fédération burundaise en fonction depuis août 2021 est à pied d’œuvre. Objectif: mettre en place des moyens de développement et de visibilité du basketball burundais. Une des trouvailles dans cette bataille: la Viva Basketball League.

Selon le calendrier de cette nouvelle ligue, elle doit commencer par la phase éliminatoire. Pendant cette phase, les 9 clubs de Bujumbura luttent pour 6 places. Les clubs de l’intérieur du pays quant à eux sont repartis en 2 poules avec 7 équipes chacune. Des 7 équipes de chaque poule, seules 4 se qualifient pour des barrages à élimination directe avant de croiser le fer avec ceux de Bujumbura.

Conformément au calendrier les éliminatoires vont avoir lieu quand en mi-chemin, le 24 Mars 2021, les responsables des clubs de l’intérieur du pays se voient notifiés du changement de format de qualification par le président de la fédération. Jean Paul Manirakiza décide de qualifier directement 2 clubs et annule la tour barrage.

Halte au scandale

Pour les responsables des 4 clubs (2 de Ngozi : Messager Basketball Club et Target Intamenwa, Karera Lions de Rutana et Imbeya de Gitega), qualifiés pour le tour de barrage qui n’a finalement pas eu lieu, cette mesure est un scandale sportif.

Le propriétaire de Target Intamenwa à la tête également de l’Association de Basketball de Ngozi (ABN), Roger Rushingwabigwi ne mâche pas les mots : « Comment le président de la fédération qui se veut rassembleur peut prendre une telle décision sans consulter les clubs concernés ? Nous éprouvons un sentiment d’injustice. »

Même son de cloche pour le président du club Messager de Ngozi qui voit dans cette mesure, une non-considération des clubs de l’intérieur du pays, voire même une volonté d’exclusion et un mépris inouï.

Le président de Target Intamenwa déplore le manque d’arguments cohérents de la part de la fédération pour justifier la mesure : « Dans le règlement que nous avons, il n’est marqué nulle part qu’un tournoi peut changer de règlement à mi-chemin sans cas de force majeur. Toutes les explications données par la fédération sont ambiguës. »

Une partie du public amateur du basketball s’insurge aussi en faux contre cette décision qui constitue à leurs yeux un autre signe qui montre que le basketball burundais n’est pas prêt à se développer ailleurs qu’à Bujumbura

Des explications des officiels jugées peu convaincantes

Jean Paul Manirakiza, président de la fédération : « C’est vrai que le calendrier des matchs clarifie qu’il devrait y avoir des barrages inter-poules, mais on s’est référé sur le règlement de la Febabu car ce dernier prime sur le calendrier », des propos jugés peu convaincants par les présidents de ces clubs lésés car nulle part dans le règlement en question, n’est mentionné que le format de sélection d’un tournoi peut changer à mi-chemin de celui.

Le président de la commission des compétitions au moment des faits, Dr Franck Bujeje, responsable de la programmation des rencontres, et auteur du calendrier instituant les barrages inter-poules, n’a pas voulu s’exprimer, estimant que la question n’est plus d’actualité et exhorte le public de passer plutôt à autre chose.

Notez que Franck Bujeje n’est plus président de cette commission des compétitions depuis le 11 avril 2022, destitué par le président de la fédération Jean Paul Manirakiza qui l’accuse d’avoir privilégié les objectifs personnels au détriment de ceux de la fédération. D’aucuns se demandent si sa destitution ne ferait suite à cette situation.  

Le président de la Febabu avait également fait parler de sa poigne en fin 2021 lorsque quelques supporteurs connus du grand public se sont vus interdire l’entrée au Stade pendant quelques mois parce qu’ils avaient osé critiquer des mesures qu’il avait prises. En l’occurrence, Crystal Gatabazi, entraineur de Gymkhana qui avait été suspendu sur les terrains pour avoir créé un groupe WhatsApp dans lequel se tenaient parfois des « discussions qui insultaient le président de la Febabu. »

Face à tout ce méli-mélo, les amateurs du basketball ne cessent de rappeler : qui dit sport dit fairplay. Les responsables devraient toujours faire montre d’ouverture d’esprit et accepter des voix dissonantes.

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