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Relations parents-adolescents: quelle communication appropriée ?

Cest un combat au quotidien, nourrit par des lamentations et des incompréhensions de part et dautres. Pour en découdre, la communication adaptée s‘avère l’outil nécessaire.

«Sérieusement, l’éducation des adolescents, ces années-ci, c’est le grand fardeau que nous autres parents portons. Ils sont insupportables, incorrigibles. Ils sont fermés sur eux. C’est comme si nous étions leurs ennemis », se lamente Anne Marie Ndayiragije, mère d’un adolescent de 17 ans, habitant au quartier Kinanira.

Témoignant des mauvais comportements de son fils, Anne Marie indique qu’il est difficile d’avoir une relation saine avec lui car ce dernier fuit toute communication avec ses parents. «Encore enfant, nous avions une bonne relation. Il était coopératif envers nous et on s’entendait bien. Mais, ces temps-ci, il a développé des comportements indignes, comme fumer des cigarettes. Son père le malmène, le frappe mais rien n’y fait. Il se rebelle de plus en plus.»

Pour Sancky Mugiraneza, jeune adolescent de 16 ans, les parents ont une part de responsabilité dans les mauvais comportements pendant l’adolescence : « Il faut qu’ils arrêtent de résoudre les erreurs des jeunes par des couts de bâtons. Nous avons beaucoup plus besoin d’attentions que de punitions

La communication, tout un processus

Selon Jean Marie Ningenza, psychologue et professeur d’Université, la communication entre parents et adolescents est un processus qui prend du temps : « Les parents doivent faire preuve de patience, savoir comment communiquer avec leurs enfants à cet âge difficile pour connaitre leurs passions, leurs forces et faiblesses, leurs peurs, bref tous leurs comportements.»

Il faut également, souligne ce spécialiste, savoir que cette communication fonctionne dans les deux sens, tout en développant le sens de l’écoute, l’interaction, savoir donner la parole pour échanger des idées, des pensées et des émotions.

Pour lui, les parents doivent être conscients que la connexion avec leurs enfants, au fur et à mesure qu’ils grandissent, a tendance à se rompre. «Pendant la grossesse, la communication entre une mère et son enfant est à 100% efficace, car le bébé dépend entièrement de sa mère. Mais une fois le cordon ombilicale coupé à la naissance, il est compréhensible qu’une partie considérable de leur affection est détachée, ce qui continue à la croissance. A l’adolescence, le jeune est dans l’étape de la révolte, il se sent à mesure de se gérer, d’où les refus aux des ordres parentaux

Les formes de communication adéquates

Comme le précise encore le psychologue, la communication dans les familles est différente, selon les tempéraments. Citant d’abord les mauvaises communications faites au quotidien, notamment l’agressivité (interrompre, crier, gronder l’interlocuteur), la passiveté(refuser de donner son avis, de trancher), le dénigrement,… Jean Marie Ningenza rappelle aux parents de donner la place considérable à l’enfant en lui laissant s’exprimer, sans l’interrompre, ou user de la force : «Il ne faut pas tout le temps leur montrer que le parent a toujours raison, ou que tout ce que l’enfant va dire est connu d’avance. Cela donnerait la raison à l’adolescent, à chaque fois qu’il voudra se rebeller.»

Et d’ajouter qu’il faut garder la tranquillité en contrôlant les impulsions face aux erreurs du jeune, tout en évitant des jugements de première heure, ou de lui donner de leçons avant de l’écouter.

Un article rédigé par Jessica Tuyisenge dans le cadre du stage au sein du Magazine Jimbere comme un ancien du programme « Enfants journalistes » de l’UNICEF Burundi.

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