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Hygiène

Restaurants ou terroir des pathologies ?

Dans plusieurs cités de la ville de Bujumbura s’observe de plus en plus la multiplication de petits restos, appréciés par les clients mais qui pour d’autres, constituent de véritables sources des maladies des mains sales. Les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme.

Certains s’y rendent presque tous les jours, d’autres y sont abonnés. Ces lieux de restauration sont prisés par la plupart des citadins qui souvent se retrouvent loin de leurs domiciles pour manger. Et pour cause, le service y est rapide et les plats sont souvent moins chers par rapport à d’autres établissements de la ville. 

Aux heures de pointe, ces restos sont pratiquement envahis par des taximen, conducteurs des motos, maçons et autres ouvriers journaliers en quête de nourriture. Une situation observée au quartier Gikungu de la zone Gihosha chez un certain Dio, diminutif du nom Diogène en face de l’Eglise Emmanuel.

Sur place, les serveurs circulent sans relâche, les gens n’arrêtent pas de commander. Certains n’hésitent pas à manger en étant débout car toutes les tables sont souvent occupées à midi pile. « Ça fait une année que je vis à Bujumbura et je ne sais pas comment ressemble un plat fait maison grâce à ces petits restaurants », lance Jérôme Ndikumana, aide-maçon, originaire de Cibitoke (nord du Burundi).

« En plus d’une cuisine bien faite, ici tu peux manger avec 1.000 Fbu seulement », renchérit son voisin devant une assiette de mélange (riz-haricot-pomme de terre) bien entamée. 

Les propriétaires se justifient

Malgré ces éloges, l’envers du décor est terrible : du couvert à l’eau utilisée pour la cuisson, tout renvoi à un manque criant d’hygiène. « Nous voyons bien que des fois les assiettes sur lesquelles nous sommes servies ne sont pas bien lavées mais lorsqu’on a faim, ceci est le cadet de nos soucis », reconnait M. Ndikumana.  

 « Nous offrons un service de qualité. C’est la raison pour laquelle tu vois du monde venir manger chez nous », confie un tenancier d’un restaurant sur la 2ème avenue en zone Bwiza en mairie de Bujumbura. 

Tout en reconnaissant que dans certains restaurants, la propreté laisse à désirer, il fustige ceux qui critiquent à tout va, n’y voyant qu’une intention à peine voilée de saboter leur business : « Ça fait dix ans que je tiens ce restaurant et pas un seul jour quelqu’un n’est venu se plaindre d’être tombé malade à cause de mes plats. »

Bien plus, soutient-il, les services de santé de la zone et de la mairie font des contrôles régulièrement pour vérifier si ces restaurants sont dignes de recevoir des clients : « Ne pensez-vous pas que si nos établissements étaient aussi sales qu’on le dise, nous aurions mis les clés sous nos portes depuis longtemps ? » 

 Appel à la prise de conscience

Et de proposer à ceux qui veulent manger dans des endroits haut de gamme de se rendre dans des restaurants chics en plein centre-ville de Bujumbura : « Ici nous sommes au service du bas peuple avec peu des moyens. »

Contacté, un médecin d’un centre de santé de la même zone n’y va pas par quatre chemins : « Je reçois un grand nombre des patients qui souffrent d’amibes, cholera et la typhoïde et qui, pour la plupart se nourrissent dans ces restaurants. » 

Sans toutefois accusé ces endroits d’être la cause principale de ces pathologies, ce professionnel de santé demande à ces restaurateurs de reconnaitre le manque d’hygiène. Ensuite de prendre des mesures pour rectifier le tir en surveillant de près leurs travailleurs quand ils préparent par exemple mais également lorsqu’ils font la vaisselle : « En prenant conscience qu’en l’absence de quelques précautions d’hygiène, ils peuvent nuire à la santé de toute une communauté, le plus grand pas sera déjà franchi. » 

Un article rédigé par Christian Biregeyi, issu de la faculté des sciences de la communication à l’Université Lumière de Bujumbura dans le cadre d’un stage au sein du Magazine Jimbere

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