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Repenser le rôle d’un père burundais dans l’éducation sexuelle des enfants

L’idée selon laquelle l’autorité dans la famille revient davantage au père qu’à la mère, crée des abus de la part de certains pères burundais qui délaissent l’éducation sexuelle de leurs enfants, considérée comme affaire de basse-cour, à la maman seule. Mais, rien absolument rien, ne peut expliquer et excuser le sous-investissement de ceux-ci dans l’éducation sexuelle de leurs enfants.

Le rapport entre les enfants et leurs papas burundais est une relation qui a beaucoup à voir avec la physique électrique qu’elle n’y parait malheureusement. Dans cette relation, la mère joue un rôle qui s’apparente à celui d’un fusible entre le paternel et sa progéniture. En cas de court-circuit, contact direct je veux dire, entre les deux, sans passer par la mère, il y a risque de choc ou tout juste que le courant ne passe.

L’on constate souvent que les pères burundais sont en retrait en matière d’éducation sexuelle et évitent trop souvent d’aborder les sujets y relatifs avec leurs enfants, et pourtant, eux aussi ont un rôle capital à jouer. 

Calons le propos

 Qu’est-ce qu’un père burundais? Comment s’implique-t-il dans l’éducation sexuelle de ses enfants? Comment est vu un père qui s’implique dans l’éducation sexuelle de ses enfants? Difficile de répondre à ces questions, tant les profils des papas burundais sont si variés(ou peut-être pas).

Mais, à ce propos, le proverbe burundais «Umugabo ni igikingi c’irembo», résume bien la conception de la figure paternelle dans l’imaginaire burundais. Le tout premier (sinon le seul) rôle d’un papa est celui de protéger-nourrir sa famille.

Cette vision fait que le rôle d’un père soit compliqué dans le contexte burundais. Un père très amical vis-à-vis de sa progéniture risque de passer pour quelqu’un de moins sérieux, de papa poule ou d’intrusif et pourrait-être la risée de tout son entourage.

Et bonjour les travers

De cette conception de la paternité burundaise naissent des travers qui mettent à mal le dialogue parent-enfant nécessaire dans l’éducation sexuelle. On les connait, au mieux c’est juste que des connaissances, au pire c’est nos pères, nos oncles, nos voisins. Ces pères qui abusent de leur autorité parentale et se croient tout-puissants. Ceux qui quand ils arrivent à la maison même la souris doit se cacher, violents physiquement et verbalement et qui s’attaquent à leurs enfants chaque fois qu’ils éprouvent de forts sentiments négatifs pour lesquels ils ont besoin de se défouler et ont très peu conscience des conséquences de ce qu’ils font à leurs enfants.

La plupart des fois, ils sont aussi alcooliques. Leurs addictions les empêchant de jouer leur rôle de parents, notamment d’être présents auprès de leurs enfants. Leur état engendre, par ailleurs, une grande souffrance chez l’enfant qui se sent impuissant et délaissé face au pouvoir de l’addiction à l’alcool. Dans les collines, ces papas sont plutôt nombreux.

Temps de renverser la vapeur

C’est toujours important pour les enfants d’apprendre des notions en rapport avec leur sexualité d’une voix d’une personne qui compte pour lui comme son père par exemple. Dans le monde, l’évolution des mentalités et le changement des comportements ont contribué à faire émerger l’image du père plus impliqué dans l’éducation sexuelle de sa progéniture. Dans le contexte Burundais, cet idéal n’est pas encore atteint. La participation des pères progresse peu et s’occuper des enfants reste une prérogative majoritairement féminine. Il est temps de changer la donne, parce que de toutes les façons, le vide du parent doit être rempli par quelqu’un d’autre et la mère ne peut assurer ce rôle seule.

Le genre de père qui se repose sur la mère en ce qui concerne l’éducation et les soins sexuels apportés à l’enfant n’a plus lieu d’être. Militons pour l’avènement d’un homme nouveau, celui qui est conscient que l’éducation sexuelle de sa progéniture est une obligation. Il est urgent de repenser le rôle d’un père burundais dans l’éducation sexuelle des enfants.

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