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Santé

Santé : burn out ou épuisement professionnel, un mal qu’il n’est pas permis d’ignorer

Connu comme un risque professionnel ayant des dimensions émotionnelles et affectives, le burn out touche beaucoup de personnes et affecte leur rendement au travail. Le psychologue Blaise Nzikobanyanka, dans une interview à Jimbere, donne quelques éclaircissements sur ce phénomène et indique la façon d’y faire face.

Qu’est-ce que le burn out ou épuisement professionnel ?

Quand on évoque l’épuisement professionnel, il faut comprendre d’abord qu’il s’agit davantage d’un processus que d’un état. Ce n’est pas non plus une maladie mentale, comme telle. C’est un ensemble de symptômes (syndrome) résultant de la dégradation du rapport subjectif au travail qui se manifeste, dans la majorité des cas, par la fatigue physique et émotionnelle, l’abattement et une grande fragilité.

La personne s’épuise physiquement et émotionnellement face à une surcharge de travail (imposée souvent par son environnement de travail). Cela se traduit par une perte d’énergie, une impression de ne pas avoir la capacité d’apporter son assistance. Le burn out apparaît quand le travailleur ressent un écart trop important entre ses attentes, la représentation qu’il se fait de son métier et la réalité de son travail.

Concrètement, quels sont les symptômes du burn out ?

Dans la plupart des cas, le patient présente un sentiment d’épuisement moral et physique avant même de travailler. Il sent une tristesse inexplicable, des sentiments d’inutilité. Il sent comme si ce qu’il fait n’a aucun sens. Il devient impatient, irrité, hypersensible et faible dans la concentration. Il a du mal à prendre des décisions, et garde une faible estime de soi. Des fois même, le patient présente trouble du sommeil

Quelles sont les personnes à haut risque ?

Personne n’est épargnée, du moins les travailleurs, quels que soient leurs métiers et leurs secteurs d’activité. Certains facteurs de risque sont communs : la surcharge de travail, la perte de sens, l’isolement et les réorganisations successives. Néanmoins, les personnes moins expérimentées au travail ont plus de risques d’attraper le burn out, dans le sens où ils veulent perfectionner, gagner la confiance des supérieurs, et à tout prix rehausser leur rendement. Les femmes aussi peuvent en être souvent victimes, car lorsqu’elles sont plus impliquées professionnellement, et qu’elles doivent gérer en même temps les soucis de la vie familiale plus que les hommes, la situation devient pénible.

Que faire ? Quels sont les remèdes ?

Les modalités de prise en charge et de traitement sont évaluées selon la gravité des symptômes. La prise en charge doit s’organiser en plusieurs étapes. On citerait tout d’abord le repos, la reconstruction identitaire (thérapie), l’aide à la reprise du travail de préférence par des professionnels (psychologues, médecins). Dans certains cas, l’arrêt (temporaire) de travail s’avère le seul moyen de s’en sortir.

Cependant, l’activité physique aide beaucoup. La pratique régulière d’un sport peut s’avérer utile dans la prise en charge pour réduire les symptômes de stress et récupérer de la force, au même titre que le repos ou la relaxation. Il est conseillé de pratiquer une activité en fonction de ses préférences : sport collectif, individuel, exercices à pratiquer chez soi ou à l’extérieur, etc. En complément, une alimentation équilibrée s’avère nécessaire.

Un moyen pour s’en prémunir ?

La prévention du burn out passe par un repérage précoce des signes avant-coureurs, et la mise en place d’une organisation du travail adaptée (régulation de la charge de travail, sens et reconnaissance). Elle est essentielle pour éviter une aggravation des symptômes et d’éventuelles conséquences dramatiques.

Ainsi, au travail, il faut éviter la surcharge et apprendre à déléguer. Dans la communauté, le soutien social protège du burn out également. Être soutenu dans sa vie privée par sa famille, et au travail par ses collègues et ses supérieurs, permet de contrebalancer le risque. Il faut confier les difficultés (surtout émotionnelles) aux intimes, pour recevoir le soutien moral et parfois matériel (coup de main, solidarité) de la part de l’entourage.

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