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Santé

La santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes au Burundi : défis et alternatives

Sadique Niyonkuru, chef de service d’éducation, information et communication (IEC) au PNSR/Jimbere

Dès l’adolescence, les jeunes doivent être informés de leurs droits, des maladies sexuellement transmissibles et des services de santé disponibles. Paradoxalement, l’information transmise diverge selon le degré de dévouement culturel et de la conception religieuse de l’encadreur social. Le Programme National de Santé de la Reproduction essaie de recadrer les messages à transmettre même si les défis ne manquent pas. Gros plan !

Généralement, le Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR) œuvre dans la coordination des interventions en santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes (SSRAJ) tant au niveau communautaire, dans les écoles et dans les formations sanitaires en particulier dans les centres de santé amis des jeunes.

L’adolescence au Burundi, une découverte aventurière

En effet à l’adolescence, le jeune découvre plusieurs changements sur son corps qui ne passent pas inaperçus. De même, de nouveaux sentiments naissent en lui à l’approche d’une personne de sexe différent. Il essaie donc de chercher une réponse auprès de sa génération et les adultes qu’il trouve comme modèles incomparables.

Or, dans nos sociétés où amour rime avec mariage, il est d’office interdit à tout adolescent et jeune mineur au regard de notre culture d’éprouver un sentiment d’amour envers une personne de sexe opposé et pire de l’afficher et de le vivre.

De ce fait, le jeune burundais découvre la sexualité de par les pairs ou de par l’éducation informelle qui ne leur donne que les aspects superficiels souvent mal documentés et quelques fois pervers. Constat ! selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) 2016-2017, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 19,6 ans parmi les femmes de 25-49 ans, contre 22,9 ans parmi les hommes de 25-49 ans à se souvenir que l’âge de l’adolescence varie de 10-19 ans. Ainsi, 8 % de filles de 15-19 ans ont déjà commencé leur vie procréative, 6 % sont déjà mères et 2 % sont enceintes.

Pour tout dire, malgré les tabous créant un secret-défense face à la soif d’explorer le nouveau milieu, les petits adolescents usent de leurs moyens pour le découvrir. Tout se passe sous les yeux des adultes qui ne font que pointer du doigt le comportement des jeunes.

Pour ce faire, il est vital que les jeunes soient informés et formés sur la sexualité pour éviter les grossesses non désirées et la contamination des Infections Sexuellement Transmibles (IST) y compris le virus du sida.

Sadique Niyonkuru, chef de service Information, Education et Communication (IEC) au PNSR souligne que l’institution dispense un programme qui consiste à rendre accessible l’information correcte et les services de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR) y compris la planification familiale et le VIH/Sida adaptés aux adolescents et jeunes via les centres de santé amis des jeunes: « Notre satisfaction dépend essentiellement des statistiques des différentes enquêtes sur la thématique, plus les chiffres diminuent plus nous atteignons notre mission

Quid des défis dans la transmission du message

Il est reconnu que les adolescents ont un droit d’accès aux services de SSR qui leur sont adaptés susceptibles de les protéger contre les grossesses non désirées chez les jeunes filles, les mariages précoces, les avortements clandestins, l’infanticide, la prostitution juvénile, la toxicomanie, la propagation des IST/VIH sida, les abus sexuels, l’alcoolisme et contre les autres menaces à leur santé et à leur bien-être.

Ils doivent être informés sur les conséquences des comportements à risques qu’ils pourraient poser. Bien plus, ils jouissent d’un autre droit : celui d’avoir accès aux services de santé de qualité sans discriminations. Par ailleurs, ils peuvent choisir librement les services disponibles en toute confidentialité, intimité et dignité dans un endroit assurant le confort. La continuité des services et la liberté d’exprimer ses opinions sur les services offerts sont d’autres droits pour tout adolescent du monde entier en général et du Burundi en particulier.

Hélas, les jeunes ont droit de connaître tous les moyens de prévention des problèmes de Santé Sexuelle et Reproductive pour préserver leur santé en mettant en avant l’abstinence comme le moyen le plus sûr. Etant donné que la SSRAJ est intégrée dans le curriculum de formation les éducateurs doivent avoir le courage d’enseigner correctement cette matière toute en restant dans notre culture. Les centres de santé ami des jeunes (CDSAJ) un espace attractif où les adolescents et jeunes apprennent par divertissement et proposent une gamme de services comme le dépistage volontaire au VIH ; le test de grossesse ; la consultation pour les troubles du cycle menstruel; la prévention, diagnostic et traitement des infections sexuellement transmissibles ; la prévention et prise en charge des violences sexuelles etc.

Le PNSR et ses projets d’avenir

Pour renforcer le cadre d’échange sur la question, le PNSR continue à organiser des ateliers de plaidoyer et de sensibilisation avec toutes les couches de la population y compris les instances de prise de décision. Le chef du service IEC au PNSR Sadique Niyonkuru dresse une liste de quelques recommandations qui, pour lui, pourraient promouvoir la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes. C’est notamment l’amélioration de la qualité des services offerts dans les formations sanitaires par le renforcement des compétences des prestataires de santé ; rendre progressivement tous les CDS amis des jeunes ; renforcer la communication parentsenfant sur la SSR et l’implication effective de tous les groupes de la population en particulier les leaders communautaires.

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