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Le sport paralympique au Burundi : un secteur très ambitieux mais avec des moyens limités

Créé en 1996 au Burundi comme Fédération Sportive des Handicapés, il adopte, dès 2007, le statut du comité international paralympique et ne rate jamais les compétitions paralympiques internationales qui se tiennent tous les 4 ans. Interview avec Eugène Nsabayezu président du comité paralympique, nous raconte les réalisations et les difficultés qui freinent l’émergence de cette discipline.

Quelles sont les disciplines sportives pratiquées ou homologuées au sein de votre comité ? 

Nous pratiquons plusieurs disciplines et nous sommes dans des phases test pour en introduire même d’autres. L’athlétisme (course de fond) occupe une place de choix, le lancer (du poids, du javelot, disque) est un autre sport qu’on retrouve au sein de notre comité. Nous avons aussi le sitting volleyball, en passant, je préciserais que cette discipline a les mêmes règles que le volleyball sauf que le sitting volleyball est joué assis, raison pour lequel on le retrouve souvent chez les personnes avec handicap. Le sitting volleyball est pratiqué dans presque toutes les provinces du Burundi à l’exception de Cankuzo et Ruyigi qui n’ont toujours pas trouvé des clubs et nous totalisons 32 équipes hommes et femmes confondues jusqu’à présent. Il y a également le tennis de table pour les personnes vivant avec handicap appelé le paratennis de table. Nous avons également le parataekwondo, le parabadminton dont l’équipe nationale a déjà représenté le Burundi.

Eugène Nsabayezu, président du comité paralympique du Burundi: « Le pire dans tout est que ça fait 3 ans qu’on ne reçoit plus cette somme de 1 million de Fbu de la part du Gouvernement« 

Y’a-t-il d’autres disciplines ?

Oui. A ces disciplines s’ajoute aussi le Goalball qui est un jeu assez spécial, c’est en quelque sorte le football pour les malvoyants. La sélection nationale a des bons résultats, elle a dernièrement obtenu la 3ème place dans la compétition qui s’est déroulée entre les pays de la zone Est de l’Afrique. Il y a d’autres sports que le comité national veut introduire comme le parakaraté, le parabasketball (basketball sur chaise roulante), le Cecifoot qui est un peu semblable au Goalball mais avec un ballon de petite taille que celui du Goalball. En vérité, on continue de chercher des sports paralympiques qui peuvent s’implanter facilement au Burundi, cela afin que chaque handicapé se retrouve dans un sport qui le sied bien.

Des difficultés ?

Le 1er grand problème est le manque des moyens. Nous n’avons pas de budget bien établi ou fixe. Par le passé, le gouvernement Burundais nous réservait une somme de 1 million de Fbu chaque année, et c’est avec cette somme que le comité paralympique devait utiliser pour subvenir à tous ses besoins. A titre d’exemple, pour être membre des différents comités paralympiques, notre comité doit verser une contribution de 550$, soit 400$ pour le comité paralympique Africain et 150$ pour le comité paralympique International chaque année. Le pire dans tout est que ça fait 3 ans qu’on ne reçoit plus cette somme de 1 million de Fbu de la part du Gouvernement.

Comment parvenez-vous à vous en sortir ?

Pour survivre à ce manque de budget, le comité paralympique Burundais vit grâce à ses sponsors habituels, les ambassades, et quelques associations sans but lucratif. D’autres soucis existent comme la difficulté de s’approvisionner en équipements (maillots, ballons, fauteuils roulants, prothèses etc..). A cela s’ajoute le manque de terrain adapté aux conditions des handicaps (manque de piste d’athlétisme, du sitting volleyball sur un terrain cimenté etc.…), la rareté des spécialistes (experts, classificateurs compétents, arbitres) et les invitations parasportives internationales non honorées…, qui limitent la pratique des activités parasportives.

Que faire pour attirer plus d’attention des sponsors ?

Les personnes vivant avec un handicap se sentent marginalisées au Burundi. Le minimum pour le gouvernement et d’autres entreprises serait d’organiser des activités qui leur permettent de se sentir bien intégrées et le sport est l’un des facteurs de cette intégration. Les entreprises, les collectivités locales et autres entreprises

qui d’habitude sponsorisent d’autres sports devraient soutenir les athlètes parasportifs également puisqu’une fois à l’étranger, ils portent les mêmes couleurs du drapeau national que les autres lorsqu’ils jouent pour le pays.

Quel bilan faites-vous pour les jeux paralympiques depuis 2008 ? 

Depuis notre entrée comité international en 2008, nous avons été présents dans tous les jeux paralympiques qui se tiennent juste après les jeux olympiques. Un athlète paralympique Burundais, au moins, a été présent à ces rendez-vous. Nous nous sommes présentés aux jeux de #Tokyo2020 avec Adeline Mushiranzigo, jeune athlète de 19 ans, amputée de bras pour la première fois. Une avancée significative pour notre comité.

Les jeux de #Paris2024 arrivent à grande vitesse. Un plan ?

Pour 2024 à Paris, si toutes les conditions sont réunies, nous comptons y emmener au minimum 10 participants de différentes disciplines et pas que l’athlétisme. Notre comité a entamé des discussions avec Jean Baptiste Alaize pour qu’il se prépare afin de représenter le Burundi surtout dans les jeux paralympiques de #Paris2024, car il connait le haut niveau et a déjà remporté des médailles pour son pays d’adoption. Il a déjà émis le souhait de défendre les couleurs du Pays dont il est originaire. Mais ces discussions ne se limitent pas sur Jean Baptiste Alaize seulement, il y a d’autres athlètes qui se trouvent au Rwanda, en Ouganda qu’on aimerait attirer et ainsi augmenter nos chances d’apporter une première médaille paralympique au Burundi.

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