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Santé

Le sport adapté en santé mentale, le remède miracle

Alors que le Burundi célébrait hier la Journée mondiale de la santé mentale à Ngozi, au niveau du Centre Neuro-Psychiatrique de Kamenge (CNPK), ils font état de 1.844 consultations de juillet à septembre 2020, dont 59% concernent les hommes. Il s’avère que les activités physiques sont incontournables, selon Vincent Nahimana, du service d’ergothérapie au centre. Entretien.

Qu’est-ce que l’ergothérapie, et comment vous la pratiquez ?

Il s’agit d’un traitement de rééducation et de réadaptation pour aider les personnes en situation de handicap, soit physique ou mental, à préserver leur autonomie. Les ergothérapeutes interviennent à tout âge de la vie et exercent dans des domaines d’activité variés, comme la rééducation fonctionnelle, la réadaptation professionnelle. Le métier d’ergothérapeute s’exerce aussi bien à l’hôpital que dans les communautés.

Au niveau du CNPK, nous aidons les patients à sortir des 4 murs de l’hôpital, et surtout de créer des occasions qui leur poussent à s’épanouir et se décharger de leurs souffrances intérieures, liées à la maladie. Ainsi, les malades sont amenés à faire des travaux physiques, dont le sport, des exercices de réflexion et des séances d’expression.

Pour les patients mentaux, il est essentiel de leur apprendre à se réapproprier leur corps, lequel peut leur être étranger, à renouer contact avec les autres par un travail en groupe, à travailler sur les sensations corporelles, l’apprentissage, à se canaliser, à se redynamiser, à se défouler, à gérer une prise de poids due à une prise de certains médicaments, à travailler sur la notion de plaisir, la confiance en soi, prise de décision, …

Abordant justement le sport, quelles sont, pour les troubles psychiques et les maladies psychiatriques, les activités physiques les plus conseillées ?

La marche ou la promenade représente une activité physique simple qui ne nécessite pas de matériels coûteux et crée la convivialité une fois pratiquée en groupe. Au CNPK, comme l’espace n’est pas assez suffisant, nous les promenons à l’extérieur de l’hôpital dans un terrain assez vaste. Ils profitent pour jouer aux différents jeux. Biens des fois, nous responsabilisons certains d’entre eux pour qu’ils puissent s’organiser, et créer de sortes d’estime de soi et se redonnent confiance.

Une fois la semaine, nous leur offrons cette joie. Certes ils se lamentent du temps moins suffisant, mais durant 5 jours de la semaine, ils ont beaucoup de travaux tant physiques que de réflexions, de même ampleur positive que le sport adapté.

Entre séance d’activité physique collective et celle individuelle, quelle est la plus efficace pour les patients ?

En fonction de la pathologie de la personne et des objectifs des soins, les activités physiques individuelles seraient mieux en un temps, puis plus tard, les travaux en groupe. Dans notre service, nous proposons des groupes libres, où les personnes hospitalisées viennent participer. Le fait de travailler en groupe et d’être capable de s’adapter est également très intéressant dans l’activité physique.

La notion de réadaptation et d’apprendre ou de réapprendre à s’intégrer à un groupe, et d’adapter son comportement en fonction du groupe, est important pour les personnes qui souffrent de maladies psychiques. Ainsi, nous formons les groupes en mélangeant les personnes hospitalisées, quelle que soient leur âge et leur pathologie. Cette mixité aide à travailler sur la notion d’adaptation au groupe.

Auriez-vous des désintéressés ? Si oui, comment les motivez-vous pour participer aux activités physiques et sportives?

Evidemment. Avec ce genre de patients moins motivés, il est très souvent nécessaire de commencer un travail en individuel, d’une part, pour créer une relation de confiance. Et d’autre part, pour cibler davantage leurs besoins, et trouver la meilleure manière pour atteindre leurs objectifs des soins. Souvent les gens agissent de la sorte parce qu’ils ressentent le besoin de s’isoler, car pensent-ils que personne ne peut les comprendre.

Notre objectif devient alors qu’ils prennent plaisir à participer à une activité, à se remobiliser, se redynamiser. Nous faisons en sorte qu’ils progressent petit à petit, qu’ils puissent de nouveau s’investir dans un groupe, et qu’ils aient envie de continuer une fois sortis de l’hôpital. Souvent, nous privilégions une activité que la personne a déjà pratiquée et qui lui a procuré du plaisir.

Existe-t-il des inverses de patients qui font trop d’activité physique ?

Effectivement. Ce genre de patients existent, qui affichent des envies excédentaires d’activités physiques. Souvent, ce phénomène rentre dans la logique de s’éclater et se déchainer des problèmes auxquels ils font face.

Alors, nous tenons à leur montrer que l’activité physique est effectivement saine, mais qu’en excès, elle peut être mauvaise pour le corps, et que cela va se répercuter sur l’esprit. L’objectif est alors de faire en sorte d’autonomiser les patients sur des objectifs atteignables.

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