Un paradoxe dans les écoles techniques : les rôles se sont inversés. Au lieu que ce soit les autorités éducatives qui trouvent les stages pour leurs élèves, ce sont les parents qui sont contraints de le faire

Vers la fin de la formation technique , il est prévu pour tout élève un stage pratique d’un mois dans une entreprise de son profil. Juvénal Niyongabo, directeur du Centre d’Enseignement Secondaire et Technique (C.E.S.TE), nous éclaire sur l’importance de celui-ci : «Le stage est l’étape cruciale d’une formation technique. Il est la mise en pratique dans un milieu professionnel des théories et techniques apprises en classe. Il offre à l’élève l’opportunité de manier certains outils que son école ne peut pas s’offrir car trop chers. Il prépare également l’élève à sa future vie professionnelle. »

Néanmoins, l’obtention de celui-ci s’avère un casse-tête. Pourquoi? « La multiplication des écoles techniques n’a pas suivi le rythme d’implantation des entreprises » explique Isaïe Mbonihankuye, directeur de l’École Secondaire des Techniques Administratives (ESTA).

Du coup, Martin Ndikumwenayo, parent d’un élève, est défait : « Je ne comprends pas comment c’est moi qui suis obligé de trouver le stage de mon enfant alors que c’est un programme inscrit dans son cursus de formation pour lequel je paie le minerval ».

Trop peu de places

Les écoles se trouvant dans l’ impossibilité de servir tous leurs lauréats, ceux-ci sont appelés avec l’aide de leurs parents à se trouver les stages. «Les établissements fournissent une lettre de demande de stages un mois avant leur début, pour se préparer en conséquence» poursuit Juvénal Niyongabo.

De ce fait, une question surgit : à qui incombe la responsabilité de trouver le stage pour l’élève? Au parent ou à l’autorité scolaire ?

Les parents s’indignent et n’arrivent pas à comprendre pourquoi c’est à eux que revient la tâche de chercher les places de stages alors que les autorités scolaires étaient les mieux indiquées : « J’ai parcouru presque toutes les entreprises qui pourraient recevoir mon enfant, aucune n’a voulu le recevoir. Maintenant, c’est la résignation» réagit Ndikumwenayo.

Pire pour les élèves en province

A l’intérieur du pays, la situation est pire : « Mon fils suit une formation en électro-mécanique dans l’une des écoles privées de Makamba. Dans toute la province il n’y a aucune entreprise dans ce domaine. N’ayant pas de proches qui pourraient l’héberger, je suis obligé de tout prendre en charge, le loyer, la ration…» nous dit Benjamin Ndayisaba, qui a déjà effectué plus de cinq voyages à Bujumbura en quête de stage.

Et comme toujours dans pareils cas, certains parents dénoncent « le népotisme » affiché par des entreprises dans l’octroi des places de stage : «Pour trouver la place de mon enfant, j’ai dû passer par un proche ayant des connaissances dans cette entreprise», explique une mère. Entre les parents qui vivent à Bujumbura, et ceux venus de province sans connexions dans la capitale économique, le choix d’accueil des élèves est souvent tranché…

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