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Cinéma

Standing ovation pour «Ntare Rushatsi, the Lion & the Sheep»

Dans la soirée de ce jeudi 29 août se tenait dans les enceintes de l’hôtel Source du Nil la première d’un court-métrage animé, retraçant l’épopée du fondateur du Royaume du Burundi. Surprise : pour une projection qui devrait débuter à 19h, 30min plus tard, la salle était déjà pleine à craquer…

Dans cette salle pleine et plongée dans le noir, les personnes présentes qui se sont empressées de conserver leurs smartphones ont dû se dire :« Enfin, c’est le moment ! »
C’était sans compter sur le sens de faire durer le suspens des organisateurs, mais aussi leur générosité de faire découvrir à l’audience les coulisses de la production du film. Un behind the scene avant la projection du film.

En images brutes datant de février dernier, sans maquillage ni traitements de son, Florian Nifasha se prend en vidéo, se demandant ce qu’il pourrait bien faire de bon. L’homme aux quelques dreadlocks rebelles qui retombent sur le visage croit avoir trouvé une idée originale. Le réalisateur de film d’animation trouve étrangement que « sur Wikipedia par exemple, il n’y a pas assez d’informations sur Ntare Rushatsi alors qu’on en a beaucoup parlé dans des cours d’Histoire au banc de l’école. Pourquoi ne pas en faire un film ? ».

Projet ambitieux, à l’image du mythe entourant les origines du roi fondateur du Burundi. Florian en fait part à son ami Junkers Ntwari. Ce dernier s’entiche du sujet, devient coauteur, et le tandem s’y met. Le mini documentaire continue avec les images des comédiens peaufinant la partie audio du film. « Une étape pas trop facile, se souvient Aarnie Dushime qui prête sa voix à une sorcière, j’ai perdu carrément ma voix à force de répéter ce personnage souvent irascible ».

Le visage érodé par la fatigue, Florian apparaît appliqué sur les planches à dessin. Il vit une vie d’ascète, le corps et l’esprit tournant autour de son projet : « Certaines personnes me croyaient à l’étranger parce que je ne sortais plus, hormis pour un peu de sport, histoire de déstresser », conte-t-il.

Et ce qui devait arriver arriva …

L’histoire commence par une rixe vindicative de Nsoro. Ce dernier a su que sa femme l’a trompé avec son propre frère, Jabwe. Surpris par l’orage, il n’a pas hésité d’abuser de l’hospitalité de sa belle-sœur. De cette union naquît un enfant qui deviendra le futur premier roi du Burundi et fondateur de la dynastie Ganwa. Cocufié par son propre frère, Nsoro le vit comme un affront. Il engage une vendetta dont la défaite est synonyme de sa disparition.

Exilé chez sa tante à la cour de Ruhaga pour ne pas être tué par les acolytes de Nsoro, le jeune Cambarantama vit sur un petit nuage. Il collectionne les succès et est imbattable au tric-trac. A ce même moment, au Burundi un lion et un serpent énorme, sèment la terreur. Les devins consultent les oracles par l’intermédiaire de Kiranga qui leur conseille de rapatrier le jeune homme, « un lion doux comme un mouton ».

Salle pleine lors de la projection du film d’animation à l’hôtel Source du Nil

Le crack refuse d’abord le choix. La vie à la cour de Ruhaga est douillette. Pas question de chambarder ce confortable train de vie. Il aura fallu des visions pour qu’il y voie le signe de son élection. Investi du pouvoir des divinités, il vaincra tour à tour le félin et le terrible reptile. La population l’accueille alors en roi et se met sous son autorité.

Le triomphe que connaît Florian Nifasha à la fin de la projectionn’a rien à envier à celui de Ntare Rushatsi Cambarantama le jour de son intronisation dans le film. Une standing ovation bien nourrie l’a accueilli à la fin de ce court métrage « extrêmement intéressant » aux yeux d’une spectatrice. Signe du bon accueil du film, la salle a proposé – pour ne pas dire imposé – au jeune réalisateur de mettre en place un mécanisme de funding pour ceux qui veulent soutenir ses projets.

Conquis par les prouesses techniques de l’œuvre, certains ont tout de même déploré le fait qu’elle soit en anglais et sous-titrée en français « alors que cela devrait être un produit consommable par le burundais lambda », tandis que d’autres y ont décelé quelques incohérences dans les diverses versions sur les origines de Ntare Rushatsi : « Il fallait conjuguer ces efforts avec le concours des historiens pour mettre une certaine dose de scientificité ».

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