Jimbere

Kirundi French English
Société

Stéréotypes et intégration régionale : entre défis et solutions

Les Burundais sont des jaloux et fainéants, les congolais des oisifs et distraits, les Rwandais méchants et arrogants… ce sont quelques préjugés et stéréotypes entendus ici et là malgré la proximité géographique de ces trois peuples et son corollaire de liens. Banalisés, ces sentiments dénigrants constituent pourtant, à bien des égards, un obstacle à l’intégration régionale, sans oublier la haine qu’ils véhiculent. Comment en limiter l’impact pour une meilleure intégration régionale effective ? Me Arthemon Nduwimana, spécialiste en Droit Commercial nous en dit plus…

Comment les stéréotypes et les préjugés peuvent-ils freiner l’intégration régionale effective ?

Dans le contexte d’intégration régionale, les stéréotypes peuvent freiner ou ralentir cette intégration de plusieurs manières. Souvent définis comme étant des croyances reposant sur une généralisation sans fondement scientifique qu’une communauté entretient par rapport aux membres d’autres communautés ou bien des constructions imaginaires pour simplifier la réalité selon le type de rapport que l’individu entretient  avec l’autre, qui peut être positif ou négatif, les stéréotypes peuvent véhiculer de la méfiance ou de la haine préjudiciable à l’intégration régionale effective.

Me Arthemon Nduwimana: « Les préjugés sur telle ou telle autre population sont préjudiciables à l’environnement des affaires et à l’intégration régionale. On ne devrait pas en banaliser le poids. »

Ils empêchent de découvrir l’autre et ce, sur base des préjugés.  Ils peuvent également générer l’ethnocentrisme qui s’installe lorsqu’une communauté a tendance à croire et à qualifier sa culture comme étant supérieure à d’autres, l’empêchant ainsi l’apprentissage avec un sentiment de rejet de tout ce qui n’appartient pas à sa propre culture.

Quels sont les types de préjugés et stéréotypes pouvant handicaper l’intégration régionale effective ?

Outre ce qu’on entend lorsqu’on voyage, les Burundais sont considérés comme des paresseux. Les stéréotypes pouvant handicaper l’intégration régionale effective pour le cas de l’EAC sont principalement des stéréotypes culturels et linguistiques. La communauté est africaine étant composé par une grande variété des cultures, elles peuvent être soit contradictoires ou bien même être source de conflit.

Pourquoi la fabrication et la prolifération de ces préjugés et stéréotypes ?

Dans le contexte d’intégration régionale de l’EAC, les stéréotypes se renforcent principalement pour trois raisons. Premièrement les séances d’information, de formation et de sensibilisation qui sont limitées ; deuxièmement le retard enregistré dans l’harmonisation des systèmes d’enseignement des pays membres de l’EAC et troisièmement enfin les limites dans les échanges interculturels et sportifs des membres de la communauté est africaine.

Comment arrêter la construction sociale de ces préjugés et stéréotypes ?

Pour arrêter ou diminuer la construction sociale de ces stéréotypes, le gouvernement, les médias et les autres intervenants, dans le domaine d’intégration régionale, devraient conjuguer les efforts dans le but d’éliminer les barrières entre les communautés, en accélérant l’harmonisation des programmes d’enseignement, en intensifiant les échanges interculturels et sportifs, en multipliant des formations et des sensibilisations sur la culture est africaine, toujours dans le souci de créer une culture est africaine commune.

Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

To Top