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Entrepreneuriat

Taux de chômage des jeunes: 55,2% rural – 65,4% urbain. L’agri-business, un moyen de sortie?

©Jimbere | A Rukeco, la coopérative COJELUD pratiquant l'agriculture moderne sur 8ha prévoit agrandir les terrains cultivables sur 15 ha d'ici l'année prochaine

Organisée par l’AgriProFocus Burundi qui promeut l’agriculture orientée vers le marché, la première édition de la caravane des jeunes agri-preneurs qui s’est déroulée 24 au 27 juin à Bujumbura, Bubanza, Kayanza et Ngozi, avait pour objectif le réseautage entre jeunes agri-preneurs afin de renforcer leur business. Récapitulatif

Au total, 45 jeunes issus d’un peu partout du pays avaient été choisis par l’organisation, en partenariat avec ICCO Coopération, ainsi que d’autres organisations œuvrant dans l’agri-business, Enabel, ADISCO et YAIN, pour prendre part à la première caravane des jeunes agri-preneurs. Ainsi, les jeunes caravaniers ont pu visiter à Bubanza la coopérative piscicole Copimicopo qui intervient dans la production et la multiplication des poissons, ainsi que l’entreprise de transformation agro-alimentaire CITA, qui produits de la farine de bouillie à partir des céréales (le blé, les arachides, le riz, le sorgho, le maïs, le sésame), ainsi que la farine de banane.

Plus loin, en province Kayanza, ils ont pu se rendre compte du système de travail à la chaîne, et de la transformation des bananes en vins et liqueurs dans l’entreprise Imena. Mais l’expérience tirée dans la coopérative Cojelud de Rukeco qui réunit aujourd’hui plus de 500 jeunes de Ngozi actifs dans l’agri-business aura été le plus illustratif.

Jean Bosco Nshimirimana, initiateur de la coopérative a raconté comment l’idée lui est venue après une visite d’apprentissage à Bubanza et Cibitoke, en 2016: « Je n’avais à cette époque qu’un terrain cultivable. L’excursion à l’ouest du pays a éveillé en moi l’envie de changer les choses. J’ai tout misé sur l’agriculture de pointe, contractant des crédits ici et là. A ma première récolte du maïs et des haricots, j’ai eu plus de 30 tonnes et j’ai remboursé toutes les dettes et de surcroît, je me suis offert des nouvelles terres. »

Cette première étape lui aura facilité la lourde tâche de conscientiser les autres jeunes afin de s’allier à cette cause noble. Effectivement, Cojelud (Coopérative des Jeunes pour la Lumière pour le Développement) a élargi son champ d’action en intégrant l’élevage du grand et du petit bétail, et enregistrant d’autres membres dans les provinces limitrophes de Ngozi. Bien que la coopérative enregistre aujourd’hui plus de 80.000.000 Fbu de recettes mensuellement, Jean Bosco reste sur sa soif: « Mon désir est de rendre le mot chômage insignifiant dans cette localité. Il faut que les jeunes aient du travail. Et cela se fera quand nous prendrons conscience de ce qu’on peut réaliser une fois unis. »

L’importance du réseautage

L’objectif de la caravane était, comme l’explique Elyse Muhorakeye, coordinatrice des projets à l’AgriProFocus, de connecter les jeunes agri-preneurs, et faciliter ainsi l’apprentissage de ceux qui débutent dans l’entrepreneuriat agricole: « Les jeunes doivent échanger sur les défis à relever, ainsi que sur les opportunités à exploiter dans le secteur agricole. Cette caravane constitue le premier volet lié à la mise en relation des acteurs qui jouent un rôle dans le développement rural. Les agri-preneurs sont par excellence des acteurs clés pour le développement des systèmes agricoles. Une agriculture inclusive et innovante est le meilleur moyen de répondre à une demande croissante de la population en termes de nutrition. »

Rappelant qu’au Burundi un grand nombre de personnes actives évoluent dans le secteur primaire (en effet près de 90% de Burundais sont dans l’agriculture, avec une proportion de 58,3% de jeunes âgés entre 20-29 ans – ISTEEBU), Muhorakeye a déploré le manque d’opportunités pour les jeunes: « Leur désengagement dans l’agriculture, un des secteurs clés de l’économie burundaise [40% du PIB], constitue un réel handicap pour le développement du secteur agricole car il provoque l’exode rural des jeunes qui vont à la recherche de meilleurs conditions de vie dans les villes. D’où ce choix du réseautage à l’endroit des jeunes qui ont pris le risque de s’investir dans l’agri business. »

Pour Christian Mbanzaguseruka, un des jeunes caravaniers, cultivateur de champignons à Kibenga en mairie de Bujumbura, cette caravane a été une expérience capitale dans le sens où les agri-preneurs dans leur diversité s’en sortent renforcés: « De la production à la conservation et à la transformation jusqu’au marché d’écoulement, les opérations seront désormais facilitées par le réseautage. »

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