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Au tour des Burundaises de créer de la richesse

Des meubles confectionnés à base de pneus par la jeune Ornella Uwimana

Dans la soirée du 13 octobre, sur Twitter, nous avons été émerveillés par une certaine Ornella Uwimana dans le recyclage de pneus usagés pour la production de meubles, vases, miroirs, …  Sur son compte, elle postait : « Même s’il ne roule plus, un pneu usagé n’est pas un déchet. Il y a de l’or dans nos poubelles. » Heureusement, Ornella n’est pas la seule à [nous] surprendre, inspirer. Mais, ont-elles suffisamment de moyens pour créer ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, la semaine écoulée, l’autre nouvelle qui a interpellé les internautes, c’est celle de Rose Sindayihebura, cette courageuse veuve de la province Bubanza, qui grâce à l’agri-élevage moderne, a pu assurer une vie décente à ses 3 enfants [retrouvez son histoire ici]. Avec ce mois d’octobre, comme pour les années précédentes, nous célébrons deux Journées internationales : de la jeune fille [11 octobre] et de la femme rurale [17 octobre]. Toujours l’occasion pour de nouvelles réflexions pour faire avancer la condition féminine dans notre société.

Vendredi le 9 octobre, l’Hôtel Club du Lac Tanganyika accueillait le lancement de la troisième composante du projet Tuyage : « Promouvoir un environnement favorable à l’autonomisation économique de la femme » [revivre l’évènement ici]. Ce jour, des discussions plutôt intéressantes.  « Comment aider les femmes à créer de la richesse, à créer de l’argent qu’elles ont besoin ? » La Représentante-de l’ONU Femmes au Burundi, Jennet Kem, en essayant de survoler les défis [notamment culturels qui bloquent la jeune fille, femme : depuis le bas âge, elle n’est pas traitée au même pied d’égalité que son frère, elle n’a pas droit de propriété, …] et les solutions pour l’autonomisation [économique] de la femme africaine en général, et la femme burundaise en particulier, partait de cette question.

Femmes membres de l’association Ramba dufatane mu nda invitées lors du lancement de la 3ème composante du projet Tuyage

Y’a moyen …

Avant elle, deux autres panélistes, la Ministre de l’Industrie, Immaculée Ndabaneze, et la Directrice exécutive du RIM (Réseau des Institutions de Microfinance), Marie Louise Kamikazi, avaient, tour à tour, rappelé pourquoi il faut significativement appuyer la Burundaise. « A l’intérieur du pays, c’est vrai que souvent la femme n’a pas accès aux ressources de production. Mais, ces derniers temps, nous les avons vues se mettre ensemble dans des associations où elles peuvent cotiser, accéder à de petits crédits bancaires, faire des affaires, gagner des revenus, soutenir leurs ménages … Je n’ai jamais vu d’homme qui se plaint que sa femme ramène de l’argent à la maison, contribue aux dépenses de la famille. Nous [l’Etat, le secteur privé, les organisations, etc., Ndlr] devons conjuguer les efforts pour donner plus de moyens aux femmes. »

Comment alors créer des conditions qui favorisent la femme à accéder plus facilement aux ressources de production, notamment au crédit bancaire ? Selon la femme dans la finance, pour commencer, la solution est simple. « Sur les collines, pour notamment contourner la demande de garantie, d’hypothèque, dans les institutions financières, les femmes adhèrent de plus en plus aux groupements pour bénéficier des crédits solidaires. Et, ce ne sont pas du tout des mauvais débiteurs. La demande est là. Mais, l’offre est encore insuffisante. Les microfinances ont des moyens limités, et ce type de crédits demande un suivi constat, donc plus de charges. Comme solution, en plus du projet du Gouvernement de lancer bientôt la Banque d’Investissement et de Développement pour les Femmes, il faudrait également penser à un fonds de refinancement ou de garantie spécifique aux crédits accordés aux femmes, comme cela a été fait pour les crédits destinés aux secteurs productifs, l’agriculture et l’industrie, afin d’avoir plus de moyens pour appuyer les projets des femmes. »

Selon l’Isteebu, la proportion des hommes qui utilise un compte bancaire est deux fois plus élevée que la proportion des femmes (11% contre 5%), ou à l’ère technologique, ils possèdent beaucoup plus le téléphone portable (48% contre 24%). Par ailleurs, même si les hommes sont globalement mieux nantis financièrement, les ménages dirigés par les femmes [à la tête souvent des ménages monoparentaux] sont globalement moins pauvres que ceux gérés par les hommes, car les femmes sont plus portées vers un meilleur cadre de vie … des meilleurs gestionnaires.

Dans le cadre du projet « Tuyage » financé par l’USAID, le Magazine Jimbere s’associe avec Search For Common Ground au Burundi (partenaire de mise en œuvre du projet) dans la production d’une série d’articles économiques

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