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Une réalité sournoise, car impossible à chiffrer

Les cas recensés des éducateurs qui promettent des points contre des faveurs sexuelles sont de loin en deçà de la réalité. La plupart du temps, cela reste un secret qui se chuchote parfois. Mais sans aucune preuve tangible, il devient difficile de combattre le phénomène.

Pour Régis, ancien préfet à un lycée de Gitega, la faute incombe d’abord aux parents: «Ils n’ont plus l’engouement d’éduquer leurs enfants. Ils ont laissé ce rôle aux enseignants oubliant que l’éducation commence à la maison. »

Face à ce phénomène, le jeune professeur avoue son impuissance : « Nous faisons ce que nous pouvons, mais en dehors des enceintes de l’école, nous ne pouvons presque plus rien ». Pourtant, un cas était parvenu à ses oreilles au temps où il était préfet : « Comme on n’avait pas de preuves, la seule chose qu’on a pu faire a été d’approcher le concerné et on lui a juste donné des mises en garde ».

Actuellement, il semble encore plus difficile d’appréhender la vraie réalité. La révolution technologique a facilité les rencontres entre élèves et éducateurs. «Aujourd’hui les élèves ont des smartphones. Pour un éducateur mal intentionné, il est très aisé de contacter ses proies sur les réseaux sociaux. A ce niveau, il devient impossible de vérifier quoi que ce soit», relève  Régis.

Tentation

« Nous autres célibataires sommes confrontés à mille et une tentations.  On ne sait même pas comment certaines élèves parviennent à trouver nos numéros de téléphones », confie A.N, un enseignant dans une école privée de Bujumbura. Comme quoi, parfois la proie c’est l’éducateur. « Certaines élèves sont très aguicheuses. Elles vont user de toutes leurs charmes pour te faire succomber, et face à ces agissements, on ne peut rien », regrette A.N.

Justement, comment justifier qu’une élève te fait les yeux doux puisqu’il y a aucune preuve? Pour N.P., un enseignant de Kayanza  aujourd’hui à la  retraite, « le problème est que la loi burundaise est ambiguë et floue en ce qui concerne les relations (qui peuvent aller jusqu’à la sexualité) entre élève et enseignant. »

En effet, la peine qui peut aller jusqu’à plus de 20 ans n’est applicable que si et seulement si la fille est mineure, la relation sexuelle étant alors tenue pour viol.

« La justice doit sanctionner » | Selon Mélanie Niyonzima, Conseillère point focal genre, au ministère de l’Enseignement de base et secondaire, il est très difficile d’éradiquer ce phénomène de points sexuellement transmissible, car ce sont des choses qui se font dans le secret. « Parfois même, les coupables font vite d’étouffer l’affaire en corrompant les directeurs d’établissements »

D’un autre côté, nous disent les officiels, ce n’est pas au ministère de l’Education de sanctionner. « Des actions disciplinaires peuvent être ouvertes. Ensuite, nous les transmettons au Ministère de la fonction publique. C’est ce dernier qui prend des sanctions. Mais parallèlement, une plainte en justice doit être déposée, pour viol ou détournement de mineur. »

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