Jimbere

FAITES VOS PUBLICATIONS ICI
KirundiFrenchEnglish
Santé

En 30 ans, si l’utilisation de la contraception a triplé au Burundi, le taux de fécondité reste inquiétant

Sur la liste des méthodes contraceptives figure l'implant, petit bâtonnet cylindrique, en plastique placé dans le bras d'une femme.

Chaque 26 Septembre, le monde célèbre la Journée internationale de la contraception. Au Burundi, selon l’Isteebu, de 1987 à 2017, l’utilisation de contraception est passée de 9% à 29%. Mais, malgré l’émergence des méthodes contraceptives, la femme burundaise enregistre encore un des taux les plus élevés en Afrique : en moyenne près de 6 enfants au cours de sa vie féconde. 

L’autre enseignement tiré des résultats d’enquêtes menées par l’institut chargée des statistiques nationales sur l’utilisation des méthodes contraceptives dans le pays est l’augmentation du recours aux méthodes modernes au détriment des méthodes traditionnelles. En effet, 23 % des femmes en union de 15 à 49 ans (34% chez les femmes non en union sexuellement actives) utilisent une méthode moderne contre 6 % qui utilisent une méthode traditionnelle (4% des femmes non en union sexuellement actives).

Et même si le taux de fécondité a baissé sur la même période : 9 enfants par femme en 1987 à 6,4 enfants par femme en 2010 et 5,5 enfants par femme en 2017, il est à l’origine d’une croissance démographique toujours élevée, autour de 3%. Et si ce taux devrait se maintenir, les experts estiment que la population doublera en moins de 25 ans : de 11,2 millions en 2018 à 27,1 millions en 2050.

L’une des explications données par les experts en rapport avec cette fécondité élevée : « Les comportements des Burundais en matière de sexualité, de mariage et de procréation ont été et sont encore déterminés par les normes et les valeurs traditionnelles, dans un contexte de faible prévalence contraceptive ». En effet, selon ces derniers, pour atteindre l’objectif de l’Etat de réduire le taux de fécondité de 5,5 à 3 entre 2018 et 2025, il faudrait que la prévalence soit d’au moins 62%.

Et d’énumérer les obstacles qui bloquent la baisse de la fécondité au Burundi : la fréquence et la gravité des effets secondaires, la mauvaise qualité de prise en charge des effets secondaires, l’insuffisance de compétences techniques des prestataires en service de planning familial, les enseignements religieux, les rumeurs et idées conçues et le poids de la culture burundaise pro-natalistes ainsi que l’absence d’entente dans le couple au sujet de l’adoption et l’utilisation des méthodes de planning familial.

Les méthodes modernes comprennent la stérilisation masculine et féminine, les injectables, le dispositif intra-utérin (DIU), les pilules contraceptives, les implants, le condom masculin et le condom féminin, la méthode des jours fixes (MJF), la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) et la pilule du lendemain.

1 commentaire

1 commentaire

  1. JSchwarz

    28 septembre 2019 at 15 h 08 min

    Je suis ravie de lire que ce n’est pas le comportement des femmes qui est mis en avant comme raison de la faible adhésion (souvent on présente les femmes et leurs croyances « irrationnelles » comme barrière), mais effectivement les effets secondaires et les services de PF qui ne sont pas très à l’écoute des réalités physiques des femmes. Les objectifs du gouvernement pour la PF, en fixant des taux de prévalence contraceptive à atteindre à tout prix, négligent l’autonomie de décision et la réalité des femmes. Quelle motivation pour ces dernières à risquer l’utilisation de méthodes qui ont des effets secondaires, tant que celles-ci ne peuvent assurer leur position sociale qu’à travers leur capacité de production (le travail) et de reproduction (les enfants), sans avoir droit à la terre par exemple?
    La PF devrait être un service qui répond aux besoins des femmes et des couples, et non pas au besoin des objectifs du gouvernement.
    Merci pour cet article!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top
sem, neque. libero ipsum felis quis quis, tristique suscipit Sed non tempus