De l’émotion à l’heure de la distribution de ce numéro spécial. Des images qui reviennent, les débuts de l’aventure Jimbere sur une terrasse, les discussions enfiévrées sur les chances de voir l’initiative prendre, le premier numéro et ce tordu sujet sur « les slips au Burundi », les attaques de certains lecteurs qui soupçonnent le mensuel de vouloir « noyer l’actualité sombre du pays dans des publications rose-bonbon », les rires et un peu de tristesse, le soutien précieux de SaCoDé, les longs mois d’attente sans publication faute de moyens, avant de reprendre avec le même enthousiasme et la même créativité.

Et puis cette belle opportunité, grâce à l’UNICEF, d’avoir le Magazine Jimbere distribué dans presque toutes les écoles fondamentales du Burundi au nom de la promotion de l’éducation de qualité pour tous. L’idée que des centaines de milliers d’écoliers et élèves vont lire nos pages, que leurs yeux seront un instant remplis des couleurs des récits de Jimbere…

Oui, il y a de l’émotion.

Mais aussi le sentiment que nous n’avons pas eu tort de projeter, il y a trois ans, le besoin d’une presse jeunesse. A l’époque, nous écrivions que « si le Burundi veut se défaire des violences générées et entretenues par le biais de la jeunesse comme on l’a vu en 2015, il faut que les jeunes s’approprient le récit de leurs rêves, et de leurs sueurs ».

L’évolution du paysage médiatique nous donne raison sur toute la ligne. Qu’ils soient issus de la ruralité ou des villes, qu’importe leur statut social, les jeunes, friands d’information, bourgeonnant de vie et profitant du faible coût d’accès à l’Internet au Burundi, investissent principalement les réseaux sociaux, lieu d’expression et des projections, après avoir été celui de la contestation. Ils sont là, et pour y rester, comme diffuseurs, consommateurs, commentateurs, animateurs, scrutateurs, etc.

Cette vague de « prise de possession » du récit collectif et individuel s’accompagne par l’émergence de nouveaux visages. Dans tous les domaines de production économique et culturelle du Burundi. Dans le sport autant que dans la presse.

Dans une société, chaque crise porte en elle les germes d’un monde nouveau, meilleur. C’est pourquoi notre magazine s’appelle « Jimbere ».

A propos de l'auteur

Journaliste, Coordinateur du Projet Jimbere

Roland Rugero est un journaliste et écrivain burundais né en 1986. Le métier de journalisme, il l’apprend avec le Groupe de presse Iwacu, dont il sera par ailleurs le webmaster éditorial de 2009 à 2014. Un temps chroniqueur de l’actualité politique burundaise, il dirige actuellement une équipe de jeunes journalistes burundais qui travaillent sur le premier magazine jeunesse au Burundi (www.jimbere.org). Il est également contributeur de World Policy Institute ainsi qu'à TakePart. Ancien du prestigieux programme international d’écriture à l'Université de l'Iowa (2013), médaille de bronze aux VIèmes Jeux de la Francophonie à Beyrouth en littérature, Roland Rugero a été cofondateur et animateur du salon littéraire Samandari, fondateur des prix littéraires Michel Kayoya (français) et Andika Prix ​​(anglais). Son deuxième roman "Baho!" Est devenu cette année le premier roman burundais à être traduit du français vers l'anglais.

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Une réponse

  1. Dr Constantin ntirany

    Courage à l’équipe Jimbere. On réussit en essayant. Le plus grand malheureux c’est celui qui se laisse envahir par la résignation. Proud of you…

    Répondre

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