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Wilbert Dusabe ou le messager du bien-être dans le Burundi profond

wilbert dusabe dans l'un de ses champs maraîchers

« Le travail anoblit l’homme », dit-on. Wilbert est le reflet exemplaire. Un visionneur assidu. Lui, qui s’est converti en messager, pour apprendre à ses pairs sur les collines, la pisciculture, l’aviculture, la cuniculture, … et bien d’autres formes d’élevage moderne, en y associant l’agriculture maraîchère moderne. Portait.

Agé de 35 ans, originaire de Kibogoye, une colline de la commune et province Gitega, Wilbert, malgré son dévouement à l’agri-élevage, est pourtant licencié en électromécanique à l’Université du Burundi, depuis 2013. Comme d’autres jeunes, il est passé par le chômage, cherchant en vain du travail qui correspond à son profil.

Après, il a décidé de « chavirer » complètement, pour embrasser un domaine susceptible d’améliorer sa vie, et celle des communautés. Et pourquoi pas celle du pays ? Il se lance alors dans l’agri-élevage, pour, dit-il, briser ce tabou sur la pratique du domaine du paysan, des « non-instruits ». Wilbert en a fait le défi, et cela lui réussit bien.

En 2016, il crée la fondation Maison du Fermier, agréée en 2018. « Au début, j’étais seul, travaillant en solo. Le BBIN a vu mes réalisations, et m’a contacté pour collaborer avec d’autres jeunes en les accompagnant dans des projets qui s’inscrivent dans le domaine de l’agri-élevage. Avant cela, grâce à l’argent que j’avais pu épargner, j’ai pu me payer des cours supplémentaires et des voyages d’études dans différents pays, comme le Sénégal, le Nigeria et la Zambie. » Eclaircit l’agripreneur de Gitega.

Cap sur ses enseignements

Pour l’aviculture (élevage des poules), Wilbert indique qu’il oriente ses renforcements de capacités dans la fabrication des appareils de couvaison des œufs. Les lauréats formés reçoivent à la suite des poules modèles à bas prix. « Ici, le prix d’un coq géniteur, de qualité, s’achète à 25.000Fbu, tandis que la poule est à 22.000 Fbu. Des prix concurrentiels sur le marché », se réjouit-il.

Ensuite de révéler : « A part la fabrication des appareils, nous leur apprenons la culture/préparation de la nourriture des volailles. » Encore d’ajouter : « Pour la pisciculture, la cuniculture (élevage de lapins), l’élevage porcelaine et d’autres formes d’élevages, l’accent est mis sur la construction des enclos, ainsi que la culture/préparation des nourritures. »

Les activités proprement dites | Comme l’indique Wilbert, la Maison du Fermier, pour le compte du FIDA, implante aujourd’hui la pisciculture sur plusieurs collines des provinces Rutana, Kayanza, Ngozi et Gitega. Ne tarissant pas d’éloges, Wilbert se dit fier du travail déjà abattu. « Content de l’état d’avancement du projet. Plusieurs jeunes ont désormais du travail. Actuellement, j’ai 5 contractuels, 3 dames et 2 hommes. Au total, 357 emplois saisonnier ont déjà été créés , et 60% étaient de sexe féminin. Vu que l’ambition est de faire connaitre à la grande majorité l’agri-élevage moderne, j’ai, d’ores et déjà, implanté 10 groupements sur les collines, constitué chacun de 20 membres. Parmi ces groupements, 5 sont exclusivement faits des jeunes de tous genres et paritaires, tandis que les 5 autres, sont exclusivement faites de femmes. Au total, nous travaillons avec 200 membres permanents, dont 150 de sexe féminin ».

Les bénéficiaires satisfaits …

Jean Paul Ndayishimiye, originaire de Nyarusange dans la province Gitega, un des jeunes bénéficiaires des formations, très rattaché à l’élevage porcin, indique que le secteur est plutôt rentable. « J’ai eu la chance de participer à la formation en 2018. Depuis lors, j’ai commencé à élever des porcs, et j’y tire les moyens pour me payer, par exemple, l’université, un coût qui dépasse 600.000 Fbu par an. Je suis en 2ème candidature, et j’avance sans embûche. Grace aux formations, je suis apte de bien entretenir mon élevage, par les bons tris d’aliments adaptés au bétail. » Témoigne-t-il, tout en soulignant que la communauté, surtout les jeunes formés, se portent bien financièrement.

A l’heure actuelle, la fondation Maison du Fermier est en train d’ériger des locaux pouvant accueillir une cinquantaine de bénéficiaires, pour les formations, ainsi que des bureaux, pour le personnel. Dans ses prévisions, si les finances accompagnent, il compte améliorer les conditions de travail des employés, et le bien-être des communautés appuyées. Par ailleurs, Wilbert informe que les machines de confectionnement de nourriture, et celles de couvaison des œufs, sont déjà disponibles, et que maintenant la multiplication des larves de poissons « Isomvyi » est une priorité, pour faciliter l’accès aux plus nécessiteux.

Traduit par Pacifique Bukuru

Dans le cadre du projet « Tuyage » financé par l’USAID, le Magazine Jimbere s’associe avec Search For Common Ground au Burundi (partenaire de mise en œuvre du projet) dans la production d’une série d’articles économiques

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